ANDY
RANKIN




©Salim Santa Lucia


  I am an independent curator based in Paris. After a stint at the Ecole du Louvre, I co-founded the curatorial collective Diametre, opened an exhibition space in my flat and participated in several artist-run-spaces and other temporary occupation initiatives in Paris and around. My background is above all that of a self-taught.

    My first steps in the art world were taken when I created Hiatus, a review inspired by the french movement OuLiPo. Since then I have never ceased to be haunted by Raymond Queneau's definition of OuLiPo’s members, who explained that they were "rats who build themselves the maze from which they propose to escape". This labyrinth paved with constraints is specific to each project, whether it is space, budget or availability, but I play at producing other layers of constraints -in short: a protocol- for each of the projects I have set up or dream of doing.  

    The use of these protocols makes some people like calling me not a curator, but rather an artist. While I do share the medium of the exhibition with artists, I am aware that I will always need them to pursue my research, but they do not need me to imagine projects. For 3.8 million years humans have been carving shells, but the figure of the curator is way too recent. Frankly, I like to think of myself as more of an author who writes centons - texts or melodies made from fragments of other authors - than as a historian or theorist.


    For some years now, I have been orienting my curatorial research at the crossroads of collapse, eschatological and speculative thought, with a particular interest in the imaginaries linked to disasters. Far be it from me to plunge the artists with whom I collaborate or the visitors to my projects into an anguish of the time to come, but I rather feel the need to use disasters as a scenaristic and narrative framework from which I can compose an exhibition protocol. Whether it is a theatrically reproduced earthquake, a powdered exhibition reminding us of the finiteness of all things, or a mobile exhibition stashed away for a post-apocalyptic world, my projects are born above all from a desire to slip into the interstices of possible futures. These futures are not my own, I find them every day when I read the news or scientific reports, which are, for their part, extremely anxiety-provoking.

    However, the end of one world means above all the beginning of another. I am convinced that it is our responsibility, as artists, thinkers, curators or citizens, to seize these possibilities. By using thus disasters as a pretext, I try to highlight in a poetic way some of the dysfunctions of our current world, hoping to inspire others to find ways to solve them.




© Hugo Cesto

2022 - NOW: residency at Poush Manifesto, an artist's studio with around 300 artists


2022 - NOW: represented by the gallery pal project as curator


2021: attempt to Shrimps Society, an exhibition space into a shrimp aquarium to the support of the Cité Internationale des Arts and the Foundation Antoine de Galbert


2020-2021: residency at the Cité Internationale des Arts thanks a CNAP grant


2019 - NOW: member of C-E-A, the French association of professional curators


2016-2020: member of the artist-run-space Wonder, where more than sixty artists from all backgrounds live and work. Creation of the "research office" in order to allow thinkers to join the creation in progress


2015-2022: co-founder of the curatorial collective Diametre, which promotes emerging creation through the organisation of an annual group exhibition and the support of artistic practices through writing


2015-2017: host of SUPERFLAT, an exhibition space in my flat of which only an inflatable mattress remained. Each month an artist was invited to produce a total environment, often on the occasion of their first solo exhibition


2012-2015: co-creator of the magazine Hiatus, a magazine with two entries, one focused on literary research in an Oulipian inspiration, the other focused on "cold journalism" and opinions. The magazine is still published today.






CONTACTS






Currently in residency at:

Poush Manifesto 
153 Avenue Jean Jaurès
93300 Aubervilliers



Curatorially represented by the gallery:

pal project
39 Rue de Grenelle
75007 Paris



hello@andyrank.in







PROJECTS



BRAV


   En Novembre 2018, ont lieu les premières manifestations des “gilets-jaunes”. Ce mouvement de contestation s’est d’abord saisi de l’augmentation du prix de l’essence avant de s’étendre à de nombreux thèmes questionnant la société française, tels que le pouvoir d’achat, la représentativité citoyenne ou les violences policières. Cette dynamique de lutte a surpris par ses particularités inédites. Les “gilets-jaunes” n’avaient aucun leader et deux ans durant, ils se sont retrouvés tous les samedis dans de nombreuses villes pour manifester. Ils ont subit une répression sans précédent de la part des forces de l’ordre. A Paris, l’artiste Alexandre Bavard a pris part aux premières éditions de ces protestations, à l’origine d’une vaste recherche iconographique sur les révoltes. Sur l’une des photographies collectée, un émeutier est entièrement paré d’une armure de chevalier. Perdu dans une foule contemporaine, ce personnage anachronique est devenu le point de départ de cette exposition.


Le titre de l’exposition joue d’ailleurs avec la sonorité de “brave”, une valeur supposément chevaleresque, et de “BRAV”, l’acronyme d’un escadron de police motorisé particulièrement brutal et qui a été réssuscité à l’occasion des “gilets-jaunes”. L’exposition est ainsi une invitation à s’interroger sur la pertinence de l’usage de la violence étatique dans nos démocraties. Quels sont les individus qui sont les plus dangereux? Est-ce un groupe de citoyens aspirant à une vie meilleure tout en usant de la violence pour se faire entendre? Ou est-ce un groupe armé qui agit sous les ordres du pouvoir politique afin de protéger les institutions capitalistes? Plutôt que de formuler une réponse qui serait forcément manichéenne, l’artiste met en scène la figure fantasmée du chevalier et celle, erronée, du policier, pour mieux questionner leur positionnement et leur utilité dans leurs sociétés respectives.


Une réflexion dont le climax se ressent au moment de la performance inaugurale de l’exposition. “An eye for an eye” est un duel qui oppose un chevalier en armure et un policier dans sa carapace, tous deux tentant d’arracher l'œil de leur adversaire. Un tournoi chorégraphié qui n’est pas seulement une vengeance métaphorique de ces trop nombreux manifestants dont les yeux ont été arrachés par les flashballs de la police. Il est surtout question de gagner le cœur d’une dame, une chanteuse d’un autre temps, allégorie de la liberté et de valeurs oubliées. “An eye for un eye” est une référence à la loi du talion, une loi dont l’usage est généralement considéré comme marqueur qu’une société est archaïque. Cette référence résonne curieusement avec les violences policières subies par les “gilets-jaunes”: perdre son œil ou sa main lorsque l’on manifeste son désaccord est-il le signe qu’une société est avancée?


La réponse à cette question se trouve sans doute quelque part dans l’exposition, au milieu de cette explosion d’attributs, de signes et de symboles. Des tonfas et menottes évoquent l’univers policier, tandis que des gantelets articulés ou une excalibur fichée dans un scooter rappellent la période médiévale. Les recherches plastiques d'Alexandre Bavard naissent d’une pratique du glanage, de la récupération et du chapardage de bribes du milieu urbain et de fragments d’artéfacts historiques, dans une constellation d'ambiguïtés et de tensions. On retrouve ainsi des empreintes de gisants bourguignons implorant le salut des mains perdues par les manifestants, ou des tapis, traits distinctifs de cet artiste d’origine géorgienne qu’il emploie régulièrement dans ses performances pour marquer un espace intime. De ce choc temporel, de ce carambolage de valeurs, marque un effacement de toute opposition entre high et low culture et une volonté cathartique de sublimer les tensions sociales.


En sacralisant la figure anonyme de l’émeutier se libérant de ses chaînes, Alexandre Bavard produit un monument à l’honneur de tous ces citoyens qui ont payé de leur vie nos droits sociaux. Il nous rappelle que c’est une pandémie, et non l’action de la police, qui aura réussie à canaliser le mouvement des “gilets-jaunes”. La flamme de la révolte est peut-être éteinte, mais les braises du mécontentement sont toujours incandescentes. Tout porte à croire que la réforme des retraites ou l’inflation galopante sont autant de souffles qui peuvent raviver l’étincelle révolutionnaire. Peut-être est-ce l’occasion de se rappeler qu’entre une révolte et une révolution, la différence ne réside pas seulement dans quelques lettres. Non, pour qu’une révolte devienne une révolution, il faut que les émeutiers arrivent à prendre le dessus sur les forces armées. Ces lettres sont alors les premières d’un nouveau chapitre écrit par les manifestants. A nous, désormais, d’écrire l’histoire !




27/01/23 - 24/03/23


With: Alexandre Bavard


Text commissionned by:
Galerie Tick Tack
Mechelsesteenweg 247/bus 13
2018 Antwerpen
Belgium












© pal project - Romain Darnaud




There will never be a beautiful suicide



An exhibition in which 35 painters were given the same photography


With: Annabelle Agbo Godeau - César Bardoux - Jimmy Beauquesne - Louise Belin - Abdelhak Benallou - Diane Benoit du Rey - Mathias Bensimon - Raphaëlle Bertran Pinheiro - Pauline Bertholon - Marie Boyer - Cyril Debon - Gaspard Girard d'Albissin - Ludivine Gonthier - Antonin Hako - Julien Heintz - Augustin Katz - Oleg de la Morinerie - Louis Le Kim - Antoine Leisure - Simon Leroux - Marco Mastropieri - Samir Mougas - Raphaël-Bachir Osman - Kim Ouddane Munn - Brieuc Remy - Pedro Ruxa - Lassana Sarre - Ugo Sebastiao - Siam - Lisa Signorini - Louis Somveille - Thomas Vergne - Charlie Verot - Pedro Ventura Matos - Gaspar Willmann



01/12/2022 - 13/01/2023


pal project
39 rue de Grenelles
75007 Paris



   Le 1er mai 1947, une jeune femme se jette du poste d’observation de l’Empire State Building. Elle chute de 86 étages et s’écrase sur la limousine d’un diplomate de l’ONU. Un étudiant en photographie se trouve non loin de là et prend plusieurs photos du cadavre juste après le crash. L’une de ces photos, en contre plongée, montre cette femme comme endormie dans un cocon de tôle froissée. On pourrait presque croire à une gravure de mode tant son air paisible contraste avec la violence de son geste. Le cliché est ensuite vendu à Life Magazine qui le publiera avec la légende: “The most beautiful suicide”. Dès sa publication, le cliché fait sensation. Il sera réutilisé par de nombreux.ses artistes, de Andy Warhol à Taylor Swift, immortalisant à jamais cette jeune femme dans l’imaginaire collectif américain.


    Ce que la photographie ne montre pas, c’est la note griffonnée par la défunte que l’on a retrouvée dans sa poche. Elle demande à ce que sa dépouille soit incinérée pour qu’aucune trace de son corps ne subsiste. Elle ne souhaite pas que sa famille ou quiconque d’autre puisse se souvenir d’elle. Elle raconte que son petit-ami l’a récemment demandée en fiançailles, mais elle est persuadée qu’elle ne ferait pas une bonne épouse, car elle ressemblerait trop à sa mère.


    La force esthétique de cette photographie est indéniable. Elle est fascinante à bien des égards. Seulement, elle ne respecte pas les ultimes volontés de la macchabée. Son nom est d’ailleurs jeté en pâture aux lecteur.ices avides de frissons. Pire encore, en arguant qu’il s’agirait du plus beau des suicides, l’hebdomadaire sous-entend une classification de la souffrance, une hiérarchie entre les tragédies, une évaluation du désespoir. Un suicide est avant tout une tragédie personnelle, une tragédie qui devient celle de toutes les personnes qui ont connu l’individu qui n’est plus. Des proches qui se torturent en se questionnant : auraient-iels pu y changer quelque chose ? Quiconque ayant connu ce sentiment d’impuissance teinté de culpabilité sait que jamais il n’y aura de beau suicide. 


    Nous ne saurons jamais pourquoi certain.es ont décidé.es de mettre fin à leurs jours. Il est toutefois possible de montrer à celleux que nous aimons pourquoi chaque instant vaut la peine d’être vécu. S'il est hélas trop tard pour conjurer les tragédies passées, il n’est jamais trop tôt pour s’atteler à dissoudre celles susceptibles de survenir. En allant à l’encontre d’une certaine logique productiviste du bonheur contemporain, en acceptant l’idée même qu’il est autorisé de ne pas aller toujours bien, peut-être que la parole liée aux détresses mentales et psychologiques se libérera, pour que plus jamais une telle tragédie ne se reproduise.


    “There will never be a beautiful sucide” est une exposition qui rend hommage à tous.tes ces anonymes qui ont décidé de mettre fin à leurs jours et que l’histoire ne retiendra pas. C’est une exposition qui rend son anonymat à cette femme qui ne souhaitait rien d’autre que d’être oubliée. Ce projet est une invitation lancée à 35 peintres qui ont pu se saisir librement de cette photographie. Iels forment  une communauté de l’instant, dont les productions éclectiques et foisonnantes sont à leur image, dans un carambolage d’esthétiques, de sensibilités et de convictions.

 















© Galerie da-end




Misérable Miracle



    Le poète Henri Michaux était un explorateur. Un explorateur de territoires à la fois connus et inconnus de nous tous; un explorateur des confins de la psychée humaine. Dans les années 1950, il essaya des substances hallucinogènes employées depuis des millénaires par les civilisations d’Amérique Centrale, à l’instar du peyotl ou de la mescaline. Il documenta soigneusement les effets que produisirent ces stupéfiants sur son cerveau, partageant des milliers de trip reports, sous la forme de dessins et d’écrits. “Misérable Miracle” est le récit d’un ensemble d’excursions dans son esprit à la dérive, un ouvrage qui plonge son lecteur dans un voyage halluciné à travers l’espace-temps, dont les échelles se chevauchent et se téléscopent, où la matière se moque de son état. Un “supplice de l’instable, supplice de l’impermament, supplice d’être chatouillé de chatoiements” qui habite également les recherches des artistes Célia Nkala et César Bardoux, réunis pour la première fois à l’occasion de cette exposition.

    Il n’est pourtant pas question ici de la prise d’une quelconque drogue, mais plutôt d’une fascinante traversée des portes de la perception, durant laquelle éléments naturels et phénomènes physiques sont mis en scène, comme pour générer un nouveau monde. Un monde onirique, un monde chimérique, un kaléidoscope de reflets, une constellation de scintillements et de faux-semblants. Un “cirque rétinien” qui rejoue avec brio toutes les excentricités permises par notre entendement, et bien plus encore. Les deux artistes ont entremêlé leurs interrogations respectives afin de présenter une sélection d'œuvres qui s’adressent à notre pleine conscience. Nos repères s’estompent dans une rassurante pénombre, se perdent dans une ivresse des abîmes, dans une méditation des abysses.

    Des fonds marins au milieu desquels nous ne serions d’ailleurs pas surpris de rencontrer les peintures de César Bardoux. Il développe des volumes fluctuants rappelant autant l’univers aquatique que le monde minéral, des volumes en suspension dans un décor confusément neutre. Élargissant son répertoire de formes aussi bien à partir de processus naturels que des dernières innovations scientifiques, César Bardoux réalise de grands formats où le regard s’égare. Il est difficile de s’arrêter sur l’un ou l’autre détail, tant les courbes et le flou se liguent pour produire des mirages impossibles. Des “océans pour opticien” dans lesquels vogue une matière représentée de manière bien singulière. Ainsi mise en lumière, on ne saurait dire si cette dernière est issue de songes fugaces ou de réminiscences insaisissables. Des formes aqueuses, incandescentes, flottantes, dont il est parfois impossible de déterminer l’état, est-ce solide, liquide, gazeux, voire tout cela à la fois? Perdue dans un environnement froid, la matière en devient d’autant plus troublante. Elle s'apprêterait presque à prendre vie, prise d’un souffle imperceptible, un murmure nous exhortant à regarder au-delà des couches successives de peintures, nous invitant ainsi à ne pas se fier à ce que nous croyons voir.

    Un conseil qui pourrait pareillement s’appliquer aux recherches de Célia Nkala. Ses sculptures sont une succession de simulacres, de ruses et de leurres adressés à nos sens. Les tactiques malicieuses développées par la plasticienne détournent la matière de son état premier, recomposent des fragments d’un autre temps, débauchent les voiles de mystères immémoriaux. Qu’il s’agisse d’une planète réduite à ses volumes les plus élémentaires, d’un maelström de débris de statues antiques liées par de la cire, ou d’une cartographie utilisable aussi bien à l’échelle du cosmos que de la molécule, l’artiste synthétise les forces sensibles qui régissent notre monde. Magicienne de patience, Célia Nkala se saisit de codes et de références ancestrales, magiques, mythologiques pour produire des sculptures en attente de notre passage pour être activées. Ce potentiel d’action, ce potentiel narratif, ce “mécanisme d’infinité” se retrouve aussi bien dans des cartes de tarots divinatoire dans l'espérance d’un mortel en quête de réponses, que dans les plaques de cuivre en sursis d’un reflet humain qui permettrait de brouiller leurs iridescences de lumières. Pour qui voudra bien gratter plus profondément ces surfaces lisses, se retrouvera sans doute face à sa propre vanité.

    Cette exposition est un périple qui nous piège dans nos retranchements les plus intimes, quelque part entre les limites de notre système optique et nos questionnements ontologiques. Henri Michaud avait forgé l’expression “misérable miracle” pour décrire l’apparente impossibilité de traduire par les mots les sensations grandioses qui le saisissaient lorsqu’il était sous l’emprise de psychédéliques. Un siècle plus tôt, Victor Hugo avait partagé cette même impression d’impuissance, cette fois face à l’immensité du deuil, qu’il avait résumée d’un laconique: “l'émotion est toujours neuve et le mot a toujours servi; de là l'impossibilité d'exprimer l'émotion”. Fort heureusement pour nous, ni Hugo, Michaud, Nkala ou Bardoux ne se sont jamais dérobés devant ce défi. Tous ont poursuivi cette quête en produisant des œuvres dépassant avec une poésie ineffable tout ce que le monde connu avait à nous offrir.



10/09/22 - 15/10/22


With: César Bardoux, Célia Nkala


Text commissionned by:
Galerie da-end
17 Rue Guénégaud
75006 Paris










© Adrien Thibault


Apex



An exhibition in a scrapyard, the metaphor of our extractivist society


19/06/22


With: Borris Arouimi, Valentin Begarin, Célia Boulesteix, Clara Duflot, Charlotte Heninger,  Malone, Matthias Odin


Secret location
&
KEIV
Kalimnou 38
Athens




Seen on: undergroundflower.com 


    Since the great explosion, we no longer have any notion of time. What is the use in counting the years when it is impossible to discern day from night? A perpetual cloud of smoke blocks the sun's rays, casting the planet in infinite darkness. The seasons are lost in a continuum of cold colors and dark temperatures. The origin of the great explosion is unknown, with some saying it was an instant nuclear war between now-forgotten powers, others claiming divine punishment or even an extraterrestrial attack. Whatever the explanation is, it will not change our situation.

    What we know for a fact is that the Earth shivered for many minutes as the sky was flushed with thousands of flashes of electric lightning before being replaced by this cloud of grey cloudy dust. Some died instantly, and others languished for days, their skin quickly crumbling. Those who died in the first hours were the luckiest because they did not need survival. They didn't have to tear down to fix things, they didn't have to abandon to advance, and they didn't have to murder to live. We die a slower death, doomed to err on the side of what the ruins of late capitalism have left us. Overall, we must live with the memory of all that we will never experience any longer, of all those faces that we will never see again.

    To protect ourselves from the day that never ends and the vampires that dwell in it, we have found refuge in what seems to have been a junkyard. Metal is essential protection against this invisible harm that corrodes our skin and stains our eyes red, an evil that gradually burdens us. We are safe from the world's dangers in this heap of useless metal, in this clatter of sheet metal and rubbish. The prowlers do not come to trouble us in this filthy gloom. Away from the chaos, we build the outline of a new universe, the genesis of a future that will be written for us by others, the hybrid forms between a civilization to come and one that is no more.

    In this scrap metal workshop, we are reminded that we are the waste of a system that has failed to renew itself, the sick excrescence of a common error, and the haggard residues of machines that no longer work. This metal that protects us today is the same that led to our downfall. Before the great explosion, we were pulling minerals from the ground, smelting, and mixing them with other minerals. We had machines for everything and anything, polluting our environment. One day, long before the big explosion, we were told that the Earth had nothing more to offer us, so the economic crises, pandemics, and wars began. This is how the end started.












Révélations Emerige 2022: Abdelhak Benallou, Clémence Estève, Dora Jeridi







ABDELHAK BENALLOU


    L’année dernière, le psychologue américain Alex Todorov a réalisé une étude qui lui a permis de déterminer qu’il ne suffisait qu’un dixième de seconde afin que notre cerveau puisse émettre une opinion sur un visage auquel nous sommes confrontés pour la première fois. Si l’adage nous indique qu’il faut toujours se fier à sa première impression, cette sentence est -fort heureusement- loin d’être irrévocable. Cette ambivalence que permet notre psychée est essentielle pour se plonger dans la dernière série du peintre Abdelhak Benallou. Nommée “20 secondes” elle a été réalisée à partir de photos qu’il a prise en studio, et se compose du même visage répété quatre fois avec un éclairage différent, nous permettant alors de redécouvrir autant de fois ce visage qui nous fait face. La palette de couleur est réduite, le cadrage très resséré, pour mieux nous forcer à une certaine forme d’intimité. Certains quadriptyques de la série sont réalisés dans de très grands formats, car le peintre ne les envisage pas seulement comme des portraits, mais aussi à la manière de paysages invitant à la contemplation. On s’égare dans un regard changeant, dont on ne saurait dire s'il nous invite à la confidence ou à la défiance. On se perd dans une texture de peau tour à tour rugueuse, duveteuse, brillante. L’éclairage changeant permet un jeu d’ombres, de courbes et d’expressions réenclenchant ainsi ce dixième de seconde fatidique à notre jugement instinctif.


    Qu’en est-il de ce genre d’opinion lorsqu’une personne nous tourne le dos? Les neurosciences n’arrivent toujours pas à comprendre comment nous sommes capables de reconnaître une personne qui nous est familière alors qu’elle est retournée. Est-ce grâce à la taille, la démarche ou l’allure que nous arrivons à retrouver nos proches perdus dans la foule? Est-ce tout cela à la fois? Si la science tente de formuler une réponse à cette question, Abdelhak Benallou nous propose une expérience singulière. Avec sa série qui représente aussi bien ses amis que des inconnus, de dos, dans toute leurs diversités. Nous sommes alors invités à deviner ce que nous ne voyons pas. Face à un mur, les personnages nous retranchent face à nos propres projections, fantasmes et stéréotypes. Certains pensent savoir que cette femme est âgée alors qu’il n’en est rien, d’autres se persuadent de connaître les penchants amoureux de tel personnage, mais peu arrivent finalement à retrouver le portrait de l’artiste au milieu de cette série. Une expérience qui nous remémore cette affirmation d’Oscar Wilde, pour qui « le vrai mystère du monde c’est le visible, et non pas l’invisible ».


    D’ailleurs, de l’invisible, il en est également question dans une autre série d'œuvres réalisées par le peintre, une série s’intitulant “support numérique”. On y retrouve des individus oisifs, esseulés dans leurs foyers, et éclairés par leurs écrans de smartphone. Un écran dont il nous est impossible de deviner ce qu’il présente. Paradoxalement c’est justement cet écran qui nous permet de distinguer ces personnes, grâce à la lumière bleutée qu’il diffuse. Télescopé ainsi dans l’intimité de ces individus, nous devenons voyeurs, reproduisant alors le mécanisme à l'œuvre lorsque nous utilisons les réseaux sociaux. Un effet miroir que résume l’artiste en s’interrogeant “sommes nous des consommateurs ou des consommés?”



CLEMENCE ESTEVE

    Le terme de “curateur” prend racine du latin “curare”, qui signifie “prendre soin”. Dans une exposition, un curateur est le metteur en scène des œuvres, des artistes et des idées, dont il sait prendre soin. Dans un registre totalement différent, la curare est un alcaloïde très puissant extrait de certaines plantes grimpantes de la forêt amazonienne, une substance capable de dérégler les mécanismes du corps humain.

    La polysémie du mot “curare” est essentielle pour appréhender les recherches de l’artiste Clémence Estève; une plasticienne qui dérègle, prend soin et met en scène tout un corpus de reproductions d'œuvre d’art. Depuis des années, cette artiste iconographe a constitué patiemment un florilège d’images issues des collections des plus grands musées occidentaux. Sur son disque dur, à l'abri des regards, elle est la conservatrice et la gardienne d’une collection dont elle est la seule visiteuse, mais dont elle laisse parfois s’évader l’un ou l'autre item.  

    Si le philosophe français Gaston Bachelard affirmait sans détour que “l’esprit scientifique se constitue sur un ensemble d’erreurs rectifiées ”, nul ne doute que la science des musées et des collections est actuellement en train d’opérer un ensemble de corrections majeures, notamment au regard de siècles d’invisibilisation des minorités. Si la démarche de l’artiste ne se situe pas précisément sur ce terrain-là, elle constitue toutefois une réflexion parallèle et essentielle sur la construction du regard, la constitution de collections, et les corrections de l’histoire par rapport à elle-même. Avec humour, elle se saisit de ces nombreuses incohérences qui méritent d’être rectifiées.

    Quiconque aura déjà été saisi par la même fièvre compulsive que Clémence Estève lorsqu’elle scrolle à l’infini les catalogues numériques des musées aura sans doute remarqué que les photographies qui les composent répondent à un protocole très normé: une lumière froide et écrasante annulant toute ombre ou artifice, les œuvres installées sur un fond terne. Une apparente neutralité que détourne la plasticienne grâce à sa pratique du dessin. De manière régulière, elle développe un répertoire de formes libres et organiques, dans une sorte d’automatisme libératoire, ludique et cathartique.

    Ces deux pratiques, la collecte curative et le dessin roboratif, se complètent lorsque Clémence Estève réalise ses œuvres, généralement constituée en ensembles qui se déploient dans l’espace. Les esquisses s’échappent des reproductions d’œuvres d’art, envahissent les murs blancs et prennent forme en trois dimensions, comme autant de persistances rétiniennes. Un doigt fier qui se libère de la carapace formée par un poing fermé, une main amicale qui se promène sur une épaule humaine, des pieds capricieux qui soutiennent des images d’un autre temps.




DORA JERIDI

    Le peintre Pierre Bonnard affirmait qu’une peinture n’est qu'une vérité composée d’un millier de mensonges. La vérité de Dora Jeridi se trouve quelque part au milieu de milliers d’histoires personnelles, de fragments oniriques et de références historiques. Ses peintures sont des paysages chaotiques, dans une explosion de matière vive, de personnages fantomatiques et de spectres chimériques. Dans un kaléidoscope de perspectives, les habitants de son œuvre sont figés d’une expression de frisson, dont l’origine se situe quelque part entre l’extase et l’effroi. Un sublime qui frise le vertige, que ne renierait sans doute pas le philosophe écossais David Hume lorsqu’il le définit comme « le pinacle de la béatitude, confinant à l’horreur, à la difformité, à la folie. Un sommet qui fait perdre l’esprit à qui ose regarder au-delà ».

    Comment regarder une peinture « au-delà » d’elle-même ? Peut-être faut-il, de manière totalement contre-intuitive, s’abandonner à fermer les yeux. Des couleurs apparaissent sur le voile noir des paupières, dont l’état changeant peut rappeler à la fois le liquide et le minéral. Ces persistances rétiniennes, que l’on appelle phosphènes, rappellent les compositions bouillonnantes et foisonnantes de Dora Jeridi. Le sublime, tel qu'éprouvé par la peintre au travers de son œuvre, s'il ne peut être rejoué grâce aux phosphènes, se retrouve possiblement au moment de l’état hypnagogique. En phase d’endormissement, ni vraiment éveillé, ni réellement plongé dans le sommeil, c’est à ce moment-là que l’ébauche de la composition de Fury Tale est apparue à l’artiste, avant de la retravailler en y mêlant ses nombreuses sources d’inspiration.

    Dora Jeridi n’est pas une peintre, elle est plusieurs peintres à la fois. Elle sait se saisir avec brio de techniques et de touches de ses peintres favoris, à l’instar des narrations à tiroirs de la peintre Paula Rego. Son coup de pinceau peut avoir la densité d’un Diego Velásquez ou la fulgurance d’un Francis Bacon, mais il sait toujours retrouver un geste singulier, une liberté qui lui est propre. Cette liberté de geste se retrouve dans Les mangeurs d’images, une série débutée en 2022. Des diptyques de grand format présentant d’un côté un pénitent à genoux, une pose en trois quart, notre regard à leur niveau. Ils tiennent fermement entre leurs mains ce que l’on devine être un ouvrage qui leur dévore le visage, dans un flou qui les masque. L’autre toile qui compose ce diptyque est réalisée dans un tout autre style, un trait affranchi, et l’on peut y voir un esprit débordant, comme un double qui s’échappe du corps des personnages, une esquisse jouissive de leur propre aliénation. Ces iconophages sont-ils des autophages de leur propre reflet, de leur ego ou de leur âme ? Devenus anonymes, ils n’en deviennent que plus comparables à nous-mêmes.



Texts commissionned by:
Fondation Emerige














  © Guillaume Mussau for Novaxia Investissement




Le Cycle des Désastres: Hystérie de l’éternité


    An earthquake aesthetically reproduced within an exhibition space. "Hystérie de l’éternité" was the first opus of the cycle of disasters. The cycle of disasters is a stream of exhibitions taking place in a world without humans. Each edition presents a panorama of a planet Earth that has been deserted for a long time, a planet on which cataclysms continue to occur. This world, convinced that it will defy our view by imagining us extinct, will continue to experience what we now refer to as "disasters", such as earthquakes, floods or radiation. This first edition was an attempt to spectacularize the earthquake, using lights, music and chairs, like in a theater play or a diorama to contemplate.



20/02/22 - 04/03/22


With: Irene de las Estrellas Abello, Mounir Ayache, Thomas Ballouhey, Marion Bocquet-Appel, Celia Boulesteix, Cloe Brochard, Alexia Chevrollier, Javier Carro Temboury, Boris Chouvellon, Alexandre Erre, Pierre Gaignard, Jules Galais, Julia Gault, Jules Goliath, Paul Gounon, Juan Gugger, Cesar Akli Kaci, Prosper Legault, Margaux Lelièvre, Vincent Lemaire, Miguel Miceli, Zoé Moineaud, Esteban Neveu Ponce, Celia Nkala, Nelson Pernisco, Manon Pretto, Olivier Sévère, Anna Tomaszewski, Capucine Vever, Romain Vicari, Vincent Voillat, Xolo Cuintle


Le Gallo
49 quai Alphonse le Gallo
92100 Boulogne-Billancourt

Seen on: France Inter, badtothebone



    “Hystérie de l'éternité” est le premier opus du cycle des désastres. Le cycle des désastres est un flux d’exposition prenant place dans un monde sans humain. Chaque édition dresse le paysage d’une planète Terre désertée depuis fort longtemps, une planète sur laquelle des cataclysmes continuent à se produire. Ce monde, persuadé qu’il se défiera à notre regard en nous imaginant disparu, continuera à vivre ce que nous qualifions aujourd’hui de “désastre”, à l’instar des tremblements de terre, inondations ou radiations.


    L’extinction de l’humanité est plus que jamais d’actualité. Si les titres de presse nous alertent quotidiennement des dangers qui nous guettent, nul.le ne peut deviner quel scénario ne deviendra finalement l’ultime jamais écrit. Le cycle des désastres se concentre sur des événements terribles qui, pour une fois, ne font aucune victime. Peut-être faut-il alors en profiter pour contempler les entropies artificielles, méditer sur la magie du hasard, expérimenter la dramaturgie du sublime.



“Le soleil lui-même me semble éphémère dans cette hystérie de l’éternité.” E. Cioran


    Au sein de la communauté scientifique, le processus démystifiant les tremblements de terre fait pour l’instant consensus. La croûte terrestre est divisée en plusieurs plaques, elles-mêmes soumises à une pression incroyable issue des entrailles de la Terre. Cette douzaine de plaques tectoniques est encastrée en un puzzle impossible dont les pièces sont en constante dérive, confrontation et opposition. Dans ce théâtre d’éternité, chaque oscillation de scénario finit tôt ou tard par être jouée. Les plaques dessinent ainsi une œuvre qui jamais ne sera terminée, une sorte de composition de continents en perpétuelle évolution. Oeuvre permanente modelant sans fin la planète, ses montagnes et ses déserts. Une succession d’un milliard de vies humaines ne serait pas suffisant pour profiter de l’ensemble du spectacle de cette mosaïque lithique, car le processus est d’une lenteur telle qu’il nous est presque impossible de le percevoir.


    Pourtant il arrive parfois que quelques secondes relâchent une terrible onde de choc. Le duel entre deux plaques n’aura désigné aucun vainqueur, la pression intenable emmagasinée se libère en un éboulement de hasards. Dans un cliquetis de poussière, l’inerte est soudainement pris de spasmes grondants, une valse fatale de pixels flous. Pulsation instable, imprévisible, implacable. Pulsation d’un cataclysme qui semble ne jamais s’arrêter, perdue dans un temps qui feint de se dilater. Cette force frénétique engendre une explosion entropique, une constellation dont les astres chutent aléatoirement, dans un amalgame de matière et de temps. Lorsque la Terre frissonne, l’humanité tremble avec elle. En un instant, les palaces se mélangent à l’espace, les cimetières charrient leurs restes, les espoirs vacillent sans être sûrs de pouvoir rebondir. Du fracas de tôle et de bitume, naît un collage surréaliste d’un monde qui plus jamais ne sera reconstruit. La surface du globe est lézardée de plaies béantes, offrant à qui voudra bien le voir, une sédimentation bouleversée de sentiments.
























© pal project

Avalanche




    110 artworks pulverised and sold per gram. Avalanche was an exhibition gathering together artworks, fragments, bits or waste that were reduced to their most simple form: powder. Crushed, grinded, pulverised, the artworks were exhibited in individual pockets hanging on the wall. Whoever wished to acquire one gram could buy it for 100€ each. Avalanche was an exhibition about matter, time, entropy and erosion. Avalanche was an exhibition that freezes the finitude of any creation, reminding us that “you are dust and to dust you shall return”


curated with:
Nelson Pernisco



19/06/21 - 31/07/21



pal project
39 rue de Grenelles
75007 Paris



With: Mounir Ayache - Thomas Ballouhey - Ranti Bam - Ivana Basic - Alexandre Bavard - Cécile Beau - Vincent Beaurin - Bianca Bondi - Bruno Botella - Matthieu Boucherit - Simon Boudvin - Cécile Bouffard - Deborah Bowmann - Gillian Brett - Jeanne Briand - Charlotte Charbonnel - Baptiste Charneux - Gaëlle Choisne - Boris Chouvellon - Pierre Clement - Cindy Coutant - Paul Créange - Wolf Cuyvers - Louis D’Anjou - Nicolas Daubanes - Laurence De Leersnyder - Alain Declercq - Dejode & lacombe - Quentin Derouet - Lucie Douriaud - François Dufeil - Sara Favriau - Ferruel & Guedon - Hervé Fischer - Deborah Fischer - Nicolas Floc’h - Karsten Födinger - Pierre Gaignard - Vincent Ganivet - Anne-Valérie Gasc - Julia Gault - Paul Gounon - Laura Gozlan - Juan Gugger - Cyrielle Gulacsy - Matthieu Haberard - Antonin Hako - Charlotte Janis - Jean-Baptiste Janisset - Jeschkelanger - Youri Johnson - Fabian Knecht - Roy Kohnke-Jehl - Lucas Kroeff - Yvannoé Kruger - Emmanuel Lagarrigue - Pauline Lecerf - Louis Le Kim - Anaïs Lelièvre - Vincent Lemaire - Ra’anan Lévy - Marie Limoujoux - Guillaume Linard Osorio - Vincent Lo Brutto - François Malingrey - Leonard Martin - Vincent Mauger - La Méditerranée - Benoit Ménard - Adrien Menu - Marie-Claire Messouma - Léa Mestres - Enzo Mianes - Juliette Minchin - Anita Molinero - Gabriel Moraes Aquino - mountaincutters - Louise Mutrel - Marie-Luce Nadal - Antoine Nessi - None Futbol Club - Nefeli Papadimouli - Pierre Pauze - Jonathan Pepe- Nelson Pernisco - Boryana Petkova - Benoît Piéron - Margot Pietri - Benoit Pype - Andy Rankin - Delphine Reist - Antoine Renard - Mateo Revillo - Vivien Roubaud - Salim Santa Lucia - Nico Sauer - Ugo Schiavi - Olivier Sévère - Buhlebezwe Siwani - Cédric Teisseire - Anna Ternon - Maxime Testu - Thomas Teurlai - Simon Thiou - Laurent Tixador - Anna Tomaszewski - Pauline Toyer - Victor Vaysse - Romain Vicari - Vincent Voillat

Seen on: Le Figaro Magazine - Beaux-Arts Magazine - Bad to the Bone - Projets - Maze - Arts Hebdo Media










© Salim Santa Lucia


TO EXHIBIT IN CASE OF EMERGENCY


    An exhibition ready for the end of the world as we know it, gathering 34 artworks produced by residents of Cité des Arts.
Somewhere in Cité des Arts, a toolbox containing an exhibition has been hidden. Gathering 34 reduced-scale artworks, this exhibition has been thought for the end of the world as we know it. When the collapse will occur, we will have an exhibition ready, an exhibition which would have never been seen by the eyes of a world that no longer exists. Only the artists invited know where this exhibition now stands and they will be able to pick it up when it will be necessary. It’s a bubble of poetry ready to pop in uncertain times.


from: 05/06/21

With: Carla Adra, Asareh Akasheh, Ranti Bam, Cécile Bouffard, Kamil Bouzoubaa-Grivel, Alessandra Carosi, Anna Ceipe, Magali Dougoud, Elif Erkan, Nicolas Faubert, Clément Fourment, Juan Gugger, Nathalie Harb, Charlotte Heninger, Cedrick Isham, Daniel Jablonski, Ellande Jaureguiberry, Mathilde Lavenne, Mathias Leonard, Natalia Lopez & Abraham Poincheval, Domitille Martin, Léonard Martin & Elvire Caillon, Gabriel Moraes Aquino, Samir Mougas, Nefeli Papadimouli, Benoît Piéron, Margot Piétri, Camille Pradon, Baptiste Rabichon, Ghizlane Sahli, Buhlebezwe Siwani, Kristoffer Stefan, Katarzyna Wiesiołek, Миша Завальный


hidden somewhere at:
Cité Internationale des Arts
18 rue de l’hôtel de ville
75004 Paris











© César Bardoux

Shrimps Society



    Shrimps Society was an independent, aquarium-sized travelling exhibition space that was home to thirteen shrimps of the neocaridina palmate or White Pearl species. I invited three artists to present works in this exhibition space, whilst respecting the needs and health of its occupants to ensure they lived out their natural life span. Every three to four weeks, the guest artists presented an experience, a visit or various artistic proposals to the shrimps confined in this space. These living creatures – a totally new, marine public, who were particularly attentive and meticulous with regard to their environment – therefore became critics, as they considered the ecosystems proposed successively by the artists.


17/01/21 - 14/02/21: Roy Köhnke-Jehl
14/02/21 - 18/03/21: César Bardoux (pictured)
18/03/21: Anna Ternon


Cité Internationale des arts
18 rue de l’hôtel de ville
75004 Paris














© Andy Rankin



What about 2222 ?




    An exhibition asking to visitors to imagine the world in the year 2222. 2222 was an exhibition protocol in which the visitors were asked to imagine the world of the year 2222. A contemporary ambience was created by local artists. The artists hosted a recording studio (on the left) and randomly asks 3 questions to visitors about the world in 2222. The answers were then saved and kept private until 2222, thus producing a video time capsule. The first iteration was in Paris and reproduced in a laboratory, this project will be the subject of further evolutions.


21/01/18 - 08/02/18


With: Samuel Aligand, Rémi Amiot, Mounir Ayache, Laetitia Bech, César Bardoux, Jessica Boubetra, Jeanne Briand, Chloé Dugit-Gros, Raphaël Emine & Julie Buffard, Maxence Hamard, Matthieu Haberard, Enzo Mianes, Mathieu Merlet-Briand, Celia Nkala, Margot Pietri, Andrés Ramirez, Lauren Tortil and Romain Vicari



Foyer Des Possibles
73 rue Philippe de Girard
75018 Paris

















© Pakui Hardware


Solar Bodies


One night stand exhibition in the Salon d’Honneur of Orsay Museum, a contemporary counter view to the exhibition “Baltic’s symbolism”.

Curated with: Diamètre

21/06/2018

With:Daiga Grantina, Pakui Hardware, YOUNG GIRL READING GROUP

Musée d’Orsay
1 rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris













OTHERS

October 2020: An invisible exhibition @ Wonder/Fortin
with: Ismail Alaoui Fdili & Célia Picart, Sharon Alfassi, Nicolas Bailleul & Maxime Chudeau, BLAM!,  Salomé Burstein, Axel Chemin, Benjamin Collet, Louis Danjou, Roberto Dell'Orco, Marianne Derrien, Thibault Duchesne, François Dufeil, Eugénie Gaudel, Gaspard Girard d’Albissin, Laura Gozlan, Nicolas Hosteing, Hustle White, Charlotte Janis, Mahalia Kohnke-Jehl, Jean-Benoit Lallemant, Lucie Laporte, Maxime Leblanc, Pauline Lecerf, Jonathan Marti, Maz, Alice Nikolaeva, Maximiliam Papadia, Nelson Pernisco, Clémentine Post, Salim Santa-Lucia, Thomas Teurlai, THTF and Arslane Smirnov 


June 2019: Infinity @ Infinity
with: César Bardoux et Paul Gounon


June 2018: Effet d’urgence @ Wonder/Liebert
with: François Dufeil


April 2018: Situare II @ Wonder/Liebert
with: Mountaincutters


January 2018: Du temps dont je suis fait @ Wonder/Liebert
with: Nelson Pernisco


June 2017: Crumbles & History @ SUPERFLAT
with: Paul Gounon


April 2017: Journey to Inaccessible Place @ SUPERFLAT
with: Laetitia Bech


June 2016: Espace Commun @ Galerie düo
introducing Alexander Rosenkranz on the invitation of the french publication Point Contemporain



June 2016: 35H @ PRIVATE OFFICE
with: Clara Borgen, Charlie Chine, Kévin Desbouis, Léa Puissant, Simon Rayssac, Caroline Saves
co-curated with Manon Klein



June 2016: Du sang, du labeur, des larmes, de la sueur @ Wonder
with: Juliette Amarrante, Lætitia Bech, Agathe Berthaux Weil, Diane Benoit du Rey, Vincent Chéry, Maxime Colin Yves, Regina Demina, Drône, François Dufeil, Guillaume Gouerou, Octave Giaume, Sabine Groenewegen, Angèle Guerre, Valentin Guillon, Lucien Kammermann, Francois Malingrey, Simon Nicolas, Laura O'Rorke, Nelson Pernisco, Jade Tang



June 2016: All Cops Are Beautiful  @ SUPERFLAT
with: Nelson Pernisco



May 2016: Vaalbara Rayonnement fossile @ SUPERFLAT 
with: Vincent Lemaire



April 2016: An internet history @ Sciences Po
with: Jimmy Beauquesne, Tom Burtonwood, fleuryfontaine, Aurélie Herbet, Julien Levesque, Albertine Meunier, Jan Nikolai Nelles & Nora Al-Badri, Yves Netzhammer
co-curated with Manon Klein



February 2016: Le soleil, le temps et le feu @ Champ Libre
with: Meryll Ampe, Jeann Briand, Santiago Esses, Hector Garoscio, Gaspard Hex, Vincent Lemaire, Demian Majcen, Enzo Mianes, Nelson Pernisco, Romain Vicari



November 2015: Ruins of Sounds @ SUPERFLAT 
with: Mounir Ayache, Emmanuel Pidre, Thomas Reghem



November 2015 : Supplice de l'instable @ Champ Libre 
with: Mounir Ayache, Ely Bessis, Pierre Oscar Brunet, Santiago Esses, Terencio Gonzalez, Aude Laszlo, Demian Majcen, Enzo Mianes, Ornella Pacchioni, Andre Perfetti, Baptiste Rabichon, Carina Solothurnmann, Anna Ternon, Alicia Zaton



October 2015: KULA @ SUPERFLAT 
with: Julie Luzoir
co-curated with Manon Klein



June 2015: RAVAGES @ Point Ephèmere
with: Marion Balac, Jimmy Beauquesne, Jeanne Berbinau-Aubry, Léa Blot, Clara Borgen, Io Burgard, Manon Dard & Aude Laszlo de Kaszon, Gabrielle Desjean, Emmanuel Guillaud, Léo Lescop, Louise Recoing, Benjamin Testa
A Diametre Project



March 2015: PHYSIOLOGIE DE L'AMOUR MODERNE @ SUPERFLAT  
with:  Arthur Bouet


PRINTS       

CITY CUT OFF 2015-2020 - by Alexander Rosenkranz - text : ILLUSION OF EROSION - PARK BOOKS EDITION


Physiologie de l'amour moderne - selfpublicated 


Ravages - Les Editions Diamètre 

TALKS

06/21: workshop: “To get along with the collapse” by Artec Paris VIII @ Poush Manifesto


10/20: The research at Wonder/Liebert @ Université PARIS VIII

15/06/16 : The role of the curator in tomorrow's museum
@ Centre Pompidou (Paris)


24/01/16 : Le Chassis introducing Zonard
@ Thaddaeus Ropac Gallery (Pantin)


05/11/15 : « Art as a driving force of transversality» : 
For the European days of PhD Students in Humanities
@ University Paris VIII